Médecine du travail : l’écoute avant le soin

  • juillet 03, 2015
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Travail et douleur : le dire, c’est prévenir.
Agir, c’est éviter de sombrer dans un état d’esprit où les bleus à l’âme sont difficiles à soigner lorsque la souffrance s’incruste durablement chez les salariés. Les employées de l’agence Vitadom ont franchi le pas du silence à une forme de délivrance.

La souffrance au travail, la douleur, un certain mal-être physique ou moral se vivent souvent en silence, dans une certaine discrétion, au sein de l’entreprise ou sur tout autre lieu de travail. Le tabou doit être levé et les pensées négatives évacuées par des mots qui permettent de panser les maux.

Ce n’est pas toujours facile, car partager ses maux c’est aussi livrer ses émotions.

L’écoute, l’analyse et l’action, c’est le job de l’Association de la santé au travail du Lot (ASTL) et l’engagement professionnel de Carol Marconnet, psychologue du travail, Émilie Noroy, technicienne dans le domaine de la santé au travail, Aline Delpech, infirmière de l’ASTL, ainsi que Philippe Meschine, ergonome.

Les compétences de cette équipe portent leurs fruits sur le terrain auprès de 3 300 entreprises adhérentes de l’ASTL.

L’une d’elles, l’agence Vitadom, dont le personnel est spécialisé dans l’aide et le service à domicile, s’est prêtée au jeu de la vérité en permettant à l’ASTL d’identifier les risques, ainsi que les difficultés rencontrées dans l’exercice de leur métier.

Objectif : prévenir ces risques et agir en conséquence. Les troubles musculo-squelettiques, les risques psychosociaux, routiers ou encore chimiques font partie du trop large éventail de difficultés auxquelles doivent faire face les salariés.

«Lorsque les risques sont clairement identifiés, nous pouvons ensuite accompagner les salariés et l’entreprise sur des actions très ciblées. Nous devenons alors des conseillers de l’employeur», explique Philippe Meschine. De son côté, Émilie Noroy s’est appliquée à «repérer les dangers auxquels peuvent être confrontés les salariés afin de rédiger une fiche d’entreprise. Ce document de travail est ensuite remis à l’employeur et au médecin du travail», détaille-t-elle. «Notre finalité, c’est de mener une véritable politique de prévention et d’alimenter ce document d’analyse», renchérit Carol Marconnet avant de s’attarder sur le cas précis des salariés de Vitadom.

«Vous travaillez au contact de familles, leur dit-elle. Prévenir les risques, c’est aussi les sensibiliser sur vos difficultés dans cet univers familial et les responsabiliser pour améliorer vos conditions de travail», insiste Carol Marconnet. Les salariés témoignent (lire notre encadré)…

et Montaigne aussi : «Qui craint de souffrir souffre déjà de ce qu’il craint», a écrit l’auteur et philosophe de la Renaissance. Mieux vaut donc parler sans crainte pour prévenir et permettre d’agir avant que le mal s’installe.